Baisse des prix et des revenus dans le monde paysan
Un quart des agriculteurs vit sous le seuil de pauvreté, laminés par la politique de baisse des prix. Les secteurs les plus sinistrés sont ceux de l’élevage ovin (à cause des importations libres de Nouvelle-Zélande ; vendu autour de 6€ , le kilo revient à 7 € ; 10 % des exploitations ovines auront disparu en 2008) , des fruits et légumes (à cause des importations, notamment du sud de l’Espagne et du Maroc, et de la pression de la grande distribution), et des bovins fournissant de la viande. La filière laitière, également, connaît une grave crise. Régis Hochard (porte-parole de la Confédération paysanne) : « avec l’accord de la FNSEA, l’Elysée a ouvert les vannes des quotas laitiers en février 2008, avec l’idée qu’il faut voler au secours du pouvoir d’achat, et que, pour cela, tous les moyens sont bons pour faire tomber les prix, alors que dans ce secteur le marché avait atteint un équilibre satisfaisant pour tout le monde. Résultat : d’ici à trois ans, il y aura au moins mille producteurs en moins ». Il n’écarte pas la part de responsabilité des consommateurs : « s’ils voulaient consacrer une demi-heure par semaine à s’approvisionner dans les fermes, sur les marchés de producteurs, dans des Amap, dans des boutiques de paysans, en désertant les grandes surfaces, non seulement ils nous aideraient à vivre, mais en plus ils paieraient moins cher la viande, les fruits, les légumes et les fromages ».
Source : Politis (4 décembre)