Urgence climatique et relations avec la Mère-Terre

Publié le par Admin.

kokopelli-copie-1.gifConsom'Solidaire publie la démarche qui est entamée par l'Equateur et la Bolivie dans la reconnaissance du "Sumak Kawsay" et du "Bien vivre", conceptions indigènes qui romptent avec la vision anthropocentrée du développement. 

Contexte : En Avril 2010, est organisée la Conférence des Peuples Bolivie, suite à l'échec de Copenhague sur la réduction des gaz à effet de serre (Protocole de Kyoto) qui introduit les droits de la Nature. Entre 2000 et 2010, 13 millions d'ha de bois ont disparu de la surface de la terre.

L'arrivée du développement met en péril la conservation de la nature. Le concept de durabilité existait déjà dans les années 70, pour créer un équilibre entre la croissance économique des pays et le respect de l'environnement. En 1970, « Le Club de Rome », tire la sonnette d'alarme et limite à 100 ans les capacités de la planète, si le rythme de pollution, industrialisation… se poursuit sur le même rythme. D'autres sommets jusqu'en 1992 révèlent l’opposition entre la légitimité des États à leur développement et l'usage des ressources naturelles marquant ainsi une vision anthropocentrique de l'environnement. La nature devient une marchandise pour satisfaire les besoins des États.

Selon les peuples andins, la nature n'est pas un service, mais une fonction vitale de laquelle dépend la Mère-Terre dont on ne peut pas toucher les droits. Les peuples ancestraux ont transmis leurs liens et savoirs liés à la terre. Reconnaître les droits collectifs des peuples indigènes, c’est accepter une vision différente de la nature. C'est leur octroyer le lien que ces peuples ont avec la Terre, des liens d'appartenance, donc spirituels et identitaires.

La «nationalité plurielle» est acceptée dans ces constitutions en Bolivie et Équateur qui inclut la notion indigène du "vivir bien", notion liée directement à la Pachamama. Aussi, en Équateur, la nature accède aux droits suivants: respect de son existence, de ses cycles vitaux et fonctions et de l’indemnisation de ceux qui ont souffert dans les milieux dégradés.

C’est une approche philosophique de la nature. Les droits de l'homme et les droits de la nature doivent être au même niveau. L'homme a cru pouvoir disposer de tout, même de la nature. Mais la survie de l'homme doit inclure un environnement sain. Un modèle de développement différent est proposé en Équateur pour réaffirmer donner des droits à la nature : c'est le modèle Sumak Kawsay, qui propose une harmonie avec la nature et une éthique collective pour orienter celle des États.

L'hypothèse Gaia, une approche scientifique de la nature : la terre est un grand organisme qui s’auto-gère pour maintenir la vie en elle. C'est un grand système qui a la vie et qui peut la donner.

Dans la terre, il y a une variété importante d'écosystèmes dans lesquels l'être humain est une espèce comme les autres qui doit remplir ses fonctions et s'adapter pour maintenir l'équilibre. La capacité de raisonner de l'homme ne veut pas dire qu'il peut l'utiliser pour dominer la nature, mais qu'il doit l'utiliser pour la protéger. Propositions :

-Reconnaître publiquement pour les États la relation vitale entre êtres humains et la nature, comme condition pour l'existence de la vie.

-Donner des garanties du point de vue juridique et des politiques publiques pour y parvenir.

-Encourager les pays à suivre l'exemple du Yasuni ITT en renonçant à l’exploitation des ressources pétrolières et en limitant les intérêts des groupes financiers.

-Encourager les pays à trouver des alternatives dans l'utilisation des ressources et à assumer une décroissance.

-Leur demander d'imposer des sanctions en cas de viol des droits de l'homme et de la nature et les obliger à restaurer les écosystèmes blessés.

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