L’eau victime de la PAC ?

Publié le par Admin.

huma-23-4-2013 

(Marie-Noelle Bertrand, pour L'Humanité) Dans un rapport qu’il doit présenter ce matin, le Conseil économique, social et environnemental préconise de rompre avec les pratiques agricoles intensives pour préserver les ressources en eau.

Prévenir, planifier, transformer : c’est, en trois mots, les grands canaux que préconise de suivre le Conseil économique, social et environnemental (Cese) en matière de gestion et d’usage de l’eau en agriculture.

Dans un avis qui doit être présenté ce matin, l’assemblée consultative tente d’élaborer des pistes de conciliation entre deux ressources indissociables autant qu’indispensables mais qui, dans certains cas, se font concurrence : l’eau et l’agriculture. Les choix de production et les politiques qui les guident ont à voir avec les conflits qui les opposent, avance d’emblée le Cese, lequel insiste singulièrement sur ce qu’une gestion agroécologique de nos productions pourrait apporter aux deux parties.

 

 LE CONSTAT : UNE RESSOURCE EN EAU ALTÉRÉE

La dégradation de la ressource est quantitative, quand les tensions liées à l’irrigation se font écho d’été en été. Celle-ci est pratiquée par moins de 15 % des exploitations et sur moins de 6 % de la surface agricole utile, historiquement présente dans le Sud-Est ; « son développement récent en période estivale a conduit à des déséquilibres entre prélèvements et ressources disponibles » dans un tiers du territoire national classé en zones de répartition des eaux, note ainsi le Cese. L’altération est également qualitative, résultant des rejets de polluants d’origines diverses. Alors que la directive européenne sur l’eau, adoptée en 2000, impose à la France de parvenir à un « bon état » de 66 % de ses masses d’eau en 2015, seulement 43 % de ses eaux de surface et 59 % de ses eaux souterraines sont aujourd’hui conformes aux normes. À la clé : des coûts croissants pour la collectivité, les ménages et les autres usagers économiques liés au traitement de l’eau potable. Ainsi, selon une étude du commissariat général au développement durable réalisée en 2012, les surcoûts annuels, principalement constitués par le traitement des pesticides et des nitrates, seraient de l’ordre de 640 à 1 140 millions d’euros par an.

La suite dans L'Humanité du 23 avril 2013 (humanité.fr).

 

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