Les agriculteurs de l'Ouest se montrent nuancés sur les OGM

Publié le par Admin.

Source texte : Reuters 05.03.08
Source photo : ministère de l'agriculture, surface de maïs 0GM en 2007


mais_ogm_2007.jpg Première coopérative agricole de France, Terrena a annoncé mercredi qu'elle ne commercialiserait pas de semences OGM à ses 26.000 agriculteurs-adhérents en 2008 et 2009, et cela "même si la loi l'autorisait". Cette décision a été prise après l'envoi d'un questionnaire à chacun d'entre eux, et l'organisation en janvier d'une série de 34 débats en Poitou-Charentes, Pays de la Loire et Bretagne. Sur les 3.100 questionnaires retournés, 42 % des agriculteurs "refusent absolument le principe d'utiliser les OGM", selon Terrena. Lire la suite... 

Par ailleurs, 37 % "ne refusent pas le principe mais n'en voient pas l'utilité sur leur exploitation" et 20 % se disent "prêts à semer des OGM si la loi les y autorise". "Les adhérents nous demandent d'être prudents à court terme, sans pour autant vouloir exclure cette technologie", analyse Marcel Placet, vice-président de la coopérative agricole. Pour "ne pas décrocher", Terrena va donc lancer une "veille technologique active" sur les semences transgéniques. La coopérative réclame aussi des pouvoirs publics la création de "structures de concertation régionales" sur le sujet des OGM, qui réunirait "collectivités territoriales et organisations économiques".

"Les règles de coexistence entre l'agriculture conventionnelle et biologique doivent être différentes, selon qu'on est dans une région céréalière ou non", est convaincu Olivier Chaillou, administrateur de Terrena. Toujours sur la base de cette consultation, Terrena s'est engagée à faire réduire la quantité de produits phytosanitaires utilisée par des adhérents, en supprimant par exemple l'intéressement de ses commerciaux sur le volume de produits vendus. En matière d'économies d'énergie, la coopérative agricole entend aussi développer la pose de panneaux photovoltaïques sur les toits des exploitations. "Une troisième voie, entre le productivisme et l'agriculture respectueuse des écosystèmes, s'ouvre devant nous", affirme Alain Guillemin, directeur général de Terrena. "Cette ère nouvelle est celle de l'agriculture écologiquement intensive."

Terrena, qui réalise un chiffre d'affaires annuel de trois milliards d'euros, est présente sur quinze métiers de la production animale et végétale dans l'Ouest de la France. Le 8 mai 2007, elle avait fait cultiver 35 hectares de maïs OGM sur trois parcelles en Maine-et-Loire et dans la Vienne. Les trois avaient été en grande parties fauchées par des militants anti-OGM dans le courant du mois de septembre. Le reliquat de semences avait été récolté en novembre, et est consigné depuis dans l'usine de semences de Beaufort-en-Vallée (Maine-et-Loire).

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