Quand acheter des fruits et légumes est malsain !

Publié le par Ralph Doe

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En mangeant des fruits et légumes importés et hors saison, nous participons à un système de production et d'exploitation particulièrement pernicieux. A côté d'Alméria, dans le sud de l'Espagne, 17.000 hectares sont sous plastique : la plus grande concentration au monde !
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Avant l'entrée de l'Espagne dans la CEE, il y a 30 ans, c'était un coin de paradis entre montagne et mer avec étangs, marais et oiseaux. Maintenant, toute la zone côtière est couverte de plastique à perte de vue. Entre ces serres, l'on voit par endroit, quelques moutons broutant dans les terrains vagues jonchés de déchets, près des ruines des maisons anciennes.


Sous les serres travaille une 'armée' de 80.000 immigrés venant pour la plupart d'Afrique maghrébine et noire. Beaucoup sont illégaux (40%) et donc en dehors de toute législation et protection sociale.

Ils subissent un mépris implacable de la part de beaucoup d'espagnols du coin. En février 2000, après l'assassinat d'une espagnole par un maghrébin, la ville ultra-prospère de El Ejido a été le théâtre d'émeutes rascistes anti-arabes et anti-africains menées par la population locale.

Ces ouvriers sont sous-payés et mal-traités. D'après un documentaire de Jawad Rhalid diffusé sur Arte le 24 mai 2007, la paie habituelle est de 4 euros 50 de l'heure,  mais souvent pratiquée à 2 euros de l'heure. Ceci pour un travail effectué dans des conditions de chaleur extrême (45 à 48°C).

Une femme, Mercédès, tente d'aider les immigrés. Elle dénonce les hommes politiques du coin pour avoir laissé une zone de non-droit s'installer à El Ejido. Elle raconte que de nombreux ouvriers souffrent de problèmes rénaux, à cause d'une eau potable polluée par des produits chimiques et des fertilisants utilisés pour la culture des fruits et des légumes.

Dans des conditions de travail proches de celles de l'esclavage dans le sud de l'Espagne, mais également en l'Italie, il est compréhensible qu'un exploitant francais n'a aucune chance de suivre les prix pratiqués. Surtout, s'il paye ses ouvriers correctement avec les charges, et en respectant les lois concernant le travail.

Il faut encore noter, qu'un kilo de tomates vendu 0.30 centimes à la production est souvent revendu 3 euros en supermarché.

Cette situation aberrante tue la production locale de fruits et légumes chez nous, diminue le besoin de travailleurs non-qualifiés, augmente le chômage et le désoeuvrement.

Il est grand temps que les hommes politiques et les services de l'état dans les différents pays mettent en vigueur les droits les plus fondamentaux, ceux de faire respecter les lois contre l'esclavage, d'être payé selon un tarif minimum, de boire une eau non polluée, de bénéficier de repos et d'un logement décent.

On pourrait  alors imaginer que des jeunes gens dans le Midi de la France reprennent goût à l'agriculture, et à la vie à la campagne en produisant des aliments de qualité. Ce qui étaient jusqu'à récemment, une spécificité française.

Ralph Doe
consomm'acteur

Publié dans Agriculture